01/12/2016

VIE NORMALE ET VIE PATHOLOGIQUE

"Vie normale et vie pathologique 
sont comme les deux portées d’une même partition aux accents dissonants". 

S’il est difficile pour un individu en bonne santé de composer avec les différentes exigences de la vie sociale et professionnelle, tout en maintenant un équilibre des relations familiales et une complicité dans sa vie conjugale, on peut imaginer à quel point la maladie grave, la maladie chronique ou le handicap éloignent un peu plus encore de ces objectifs déjà trop ambitieux.


La violence des normes de notre société touche cruellement ceux dont le rythme ne peut soutenir la cadence, ceux dont le corps, douloureux, humiliant, échappe à tout effort de maîtrise ou encore ceux dont l’esprit divague au lieu de décliner savamment n’importe quelle idée en dix slides de powerpoint.

Le malade n’est pas faible, il est doté de cette force qui lui a permis d’endurer la souffrance, de supporter les effets de sa maladie, de vivre avec ses prothèses, d’aller à l’école malgré la chimiothérapie, de réussir ses examens, de fonder une famille, de devenir quelqu’un comme les autres.

Claire Marin, philosophe
photo : Gamzé Ripoche ©